Il s’agit d’un synopsis et de quelques références récentes sur internet.
I-                   La pénurie des donneuses d’ovocytes
I-a) en trois chiffres :
-         autour de 300 donneuses d’ovocytes par an en France, c’est un recrutement inférieur à celui d’un seul centre d’activité moyenne en Espagne (4)
-          2000 à 3000 demandeurs nouveaux par an en France, c’est un chiffre bas qui ne tient pas compte de la réalité du nomadisme procréatif, le besoin serait de 5000 à 10000 cas annuels (1)
-          2/3 à 3/4 des couples demandeurs partent à l’étranger(3)
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I-b)  les facteurs liés à la législation
-         l’antécédent de maternité pour la donneuse d’ovocytes est le facteur qui a le plus d’impact sur la législation. Ce dogme est lié au poids historique de l’organisation du don de sperme en France par le fondateur des CECOS, s’inspirant légitimement à l’époque, du don de sang pour les trois principes éthiques d’anonymat, de gratuité et de solidarité. Afin de renforcer l’éthicité du don de spermatozoïdes, l’idée fut d’assurer le couple receveur du fait que le donneur était fécond et que s’il avait déjà un enfant, il ne serait pas amené à fantasmer sur un enfant hypothétique, issu de son propre don. Cependant, grâce à la fécondation in vitro, il est démontré depuis plus de vingt ans que l’effet de l’âge du tiers donneur est beaucoup plus précocément délétère pour l’ovocyte que pour le spermatozoïde. Pour reprendre le regretté Jean Bernard, fondateur du CCNE, tout ce qui n’est pas scientifique n’est pas éthique. En fait, la levée de cet amalgame entre don de spermatozoïdes et don d’ovocytes s’impose pour des raisons scientifiques, médicales, éthiques et juridiques. Lever cette obligation augmenterait très significativement le nombre de donneuses disponibles (charges familiales de potentielles donneuses qui sont mères de jeunes enfants . . . ), diminuerait l’âge moyen (ovocytaire) des donneuses et par voie de conséquence améliorerait les résultats pour les receveuses et donc réduirait le nombre nécessaire de donneuses pour notre pays. Paul Barrière (1) comme tant d’autres s’interroge sur le caractère absolu d’un tel dogme qui n’est retenu par aucun pays en dehors de la Russie.
-         L’activité de don d’ovocytes est réservée en France aux établissements de santé et aux organismes publics et privés à but non lucratif comme pour le don de spermatozoïdes, par le biais du même amalgame. La pénurie n’est pourtant pas la même ! L’exclusion du secteur privé relève-t-elle aussi d’un dogme absolu, privant le don d’ovocytes en France de quelques équipes dévouées qui seraient, de toute façon, soumises à une charte commune sous contrôle ministériel (ABM) ? Leur proximité d’un nombre important de donneuses faciliterait considérablement le don (proximité géographique de la domiciliation des donneuses mais aussi réseaux de maternités, 2/3 de l’activité nationale d’AMP homologue comme sources de donneuses) (1), (2) et (3).
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 I-c) les dysfonctionnementsÂ
Ils sont multiples et concernent les différents acteurs :
-         Les professionnels qui, par manque de moyens, se démotivent et choisissent la facilité d’orienter les couples vers l’étranger dont certaines équipes européennes ne manquent pas, elles-mêmes, d’atouts pour les convaincre.
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-         Les campagnes pour le don d’ovocytes (deux en 25 ans d’activité) sont les parents pauvres voir abandonnés au sein des autres campagnes de dons : sang, moelle osseuse, organes : déconsidération par peur des « amalgames » ? par crainte de campagnes de presse hostiles ? considérations financières en faveur d’autres priorités ? autant de raisons, parmi d’autres, susceptibles d’expliquer le manque de considération pour les donneuses à tous les niveaux
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-         Les freins ministériels pour autoriser la vitrification ovocytaire (congélation rapide) qui a largement fait ses preuves en Europe, au Japon, en Australie et aux Etats Unis. Elle permettrait pourtant une utilisation plus rationnelle et plus économe des ovocytes donnés.
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-         Le dĂ©faut de prise en charge financière des soins propres Ă la donneuse d’ovocytes. Elle relève aujourd’hui des missions d’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral, très inĂ©galitaires d’une rĂ©gion Ă l’autre et dĂ©pourvues de flĂ©chage. Un forfait unique Ă©tabli par l’assurance maladie au mĂŞme titre de ce qui existe pour le don de spermatozoĂŻdes mĂ©rite rĂ©flexion. A titre d’exemple, les CECOS perçoivent un forfait de 50 euros par paillette de sperme utilisĂ©e ; Ă raison d’une moyenne de 57 paillettes par donneur, l’utilisation de toutes les paillettes conduit Ă un forfait par donneur de 2880 euros. Alors que la donneuse d’ovocytes relève d’une prise en charge mĂ©dicale bien plus lourde (traitement hormonal, monitorage de l’ovulation et ponction ovocytaire), si cette mĂŞme somme Ă©tait allouĂ©e Ă l’équipe pour la prise en charge de chaque donneuse, l’ensemble des problèmes de moyens serait rĂ©solu.  Â
II-                 Le nomadisme procrĂ©atif des couples receveursÂ
-         ses conséquences sur les donneuses. Les équipes étrangères ne manquent pas d’encourager les couples candidats français à leur recruter des donneuses, répondant à leurs critères de sélection : ce qui, dans une certaine mesure, détourne des donneuses susceptibles de réaliser leur don en France. Ce chiffre est bien sur difficile à évaluer, mais surement pas négligeable au regard du nombre de dons réalisés dans les pays européens qui nous entourent et pour qui le don n’est ni anonyme ni gratuit (4).
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-         les facteurs liĂ©s Ă la directive europĂ©enne sur la libre circulation. Une jurisprudence europĂ©enne condamnant l’entrave Ă la libre circulation des personnes, des services et des biens et plus particulièrement des soins de santĂ© non prodiguĂ©s dans des dĂ©lais raisonnables est corrĂ©lĂ©e avec la prise en charge par l’Assurance maladie française, pour certains couples se dĂ©plaçant dans un pays europĂ©en en vue d’un don d’ovocytes. L’aide financière s’élève habituellement Ă 1500 euros, ce qui, malheureusement, n’est pas le cas pour les couples cotisants et traitĂ©s par nos Ă©quipes. De plus, il est Ă©galement mentionnĂ© dans la mĂŞme directive, le devoir d’autosuffisance des pays en matière de soins et de santé  Â
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-         les enjeux éthiques sont de supprimer les inégalités que provoque l’état actuel des pratiques tout en respectant les grands principes éthiques inscrits dans le code civil et le CSP, au regard du don. Parmi les inégalités : la médecine à deux vitesses entre ceux qui passent les frontières et ceux qui restent en France, inégalité de la prise en charge financière des soins et des équipes d’une région sur l’autre, inégalité pour les receveurs de la priorisation pratiquée par la majorité des équipes françaises en activité, inégalité pour les équipes entre secteur public et secteur privé dont certaines bonnes volontés se voient refuser légalement l’accès au don d’ovocytes dans des conditions identiques au secteur public . . .
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III-               Les suggestions prioritaires :
-         relevant du droit national : reconnaissance des spécificités du don d’ovocytes par rapport aux autres dons, notamment de spermatozoïdes par la suppression de l’antécédent de maternité pour les donneuses et l’ouverture au secteur privé ; maintien de l’anonymat des donneuses d’ovocytes dont la levée accroitrait dramatiquement la pénurie comme ce fut le cas au Royaume Uni.
-         relevant des pratiques en cours : reconnaissance de la vitrification ovocytaire au mĂŞme titre que la congĂ©lation des spermatozoĂŻdes par les instances ministĂ©rielles concernĂ©es, ainsi que des spĂ©cificitĂ©s du don d’ovocytes par rapport aux autres dons, notamment de spermatozoĂŻdesÂ
-         relevant de la prise en charge des donneuses : forfait unique de soins de la donneuse d’ovocytes pour les équipes autorisées, mesures de prise en considération des donneuses (libre choix de l’équipe qui la prendra en charge, reconnaissance et facilitation de la procédure de prise en charge) ; maintien du principe de la gratuité du don.
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RĂ©fĂ©rences rĂ©centes sur internet :Â
(1) sur le site amp-france.com (Onglet « Action prioritaires » / « rĂ©vision de la loi ») :Â
Colloque à l’Assemblée nationale du 7 avril 2010, réunissant pour la première fois parlementaires, institutionnels et professionnels à propos du don d’ovocytes
http://amp-france.com/index.php?option=com_content&view=article&id=25&Itemid=32*
(2) sur le site amp-France.com :
résolution 3 du SCPFIV à propos du don d’ovocytes : ce texte fait suite au débat sur le don d’ovocytes cité en référence ci-dessus
(3) sur le blog jacques-montagut.fr :
Rubrique « Evènements récents » : la vidéo de l’audition de Jacques Montagut le 25 mars 2009, à l’Assemblée Nationale, dans le cadre de la Mission d’information de révision des lois bioéthiques
(4) sur le site du quotidien espagnol « El Mundo »Un article qui apporte des informations intéressantes sur le don d’ovocytes en Espagne, les raisons qui en font le pays à la plus grande activité de don d’ovocytes tant côté donneuses que côté receveuses http://www.elmundo.es/elmundosalud/2010/11/05/mujer/1288951453.html