Hommage à mon ami, le Professeur Bob Edwards, Prix Nobel de Médecine 2010.

Le Prix Nobel de Médecine 2010 décerné au Professeur Robert Edwards est une annonce à multiple facettes dont le faible écho médiatique français n’a pas manqué de surprendre, du moins les plus éloignés de la discipline.

Il est une récompense méritée pour celui dont la première naissance par fécondation in vitro fut suivie de celles de plus de 4 millions d’enfants dans le monde.

Cette nouvelle est cependant attendue depuis 32 ans (Louise Brown est née en 1978). Ce qui nous laisse supposer les obstacles de toutes natures qui ont retardé cette distinction. Bob Edwards est aujourd’hui âgé de 85 ans et son binôme clinicien, Patrick Steptoe est mort depuis 22 ans…

Je me souviens du temps des pionniers, au début des années 80, alors qu’il nous ouvrait généreusement les portes de Bourn Hall, près de Cambridge. Dès 1984, il organisera l’essor international de la discipline par la double création de l’European Society of Human Reproduction and Embryology (ESHRE) et de la revue internationale Human Reproduction qui restent toujours aujourd’hui les fers de lance de la discipline.

Quoiqu’en disent certains de ses contradicteurs, il s’intéressera très tôt, à travers sa culture anglo-saxonne, aux implications éthiques des recherches et des pratiques en la matière.

J ‘ai eu le grand plaisir d’organiser avec lui, le 1er congrès européen d’éthique en reproduction humaine. C’était en 1987, à Toulouse, son intitulé : « Ethique et révolution de la reproduction » dont la relecture des Actes, demeure d’une grande actualité.

On ne compte plus aujourd’hui les pays qui ont légiféré en matière de bioéthique, sensibilisés par les enjeux sociétaux des avancées de la connaissance dans ce domaine. Les premiers pays qui ont légiféré en bioéthique l’ont fait, poussés prioritairement par la thématique de la procréation médicalement assistée, avec pour conséquence la reconnaissance de la discipline et de son nécessaire encadrement.

L’attribution, bien que tardive, du Prix Nobel de Médecine au père mondial de la fécondation in vitro, amplifie la connaissance et la légitime reconnaissance de cette grande discipline médicale, de tous ses acteurs au premier rang desquels les couples souffrant d’infertilité.

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